Le Centurion de l’amour

(In the next post you will find an English translation of this session.)

Copyright © 2013 Benoît Racine (text)

© Jack Cain 2013, (images)

Image01_IMG_3263      Benoît est venu me voir parce qu’il avait l’impression qu’il y avait des obstacles à résoudre dans sa vie et dans son comportement. Dans un tel cas, je fais habituellement une régression vers le passé pour trouver la cause et l’origine de ces obstacles. Il faut dire que dans le cas de Benoît, les scènes qui se sont déroulés dans cette exploration nous ont bouleversé tous les deux par leur intensité et par leurs messages pénétrants. Dans la discussion qui a suivi la session, nous sommes très vite arrivés à une entente de partager cette aventure avec d’autres.

Dans chaque session de régression que je fais, je commence par une période de relaxation progressive, suivi de la visite à un endroit, choisi par l’esprit du client, où celui-ci se sent sécurisé, heureux, agréable, etc. Puis, nous faisons un voyage vers le passé. Dans le cas de Benoît, voici les étapes suivies pour nous aider à voyager dans le temps :

Jack : On est bien dans cet environnement agréable, mais maintenant il faut aller à la recherche d’autres choses dans la partie subconsciente de l’esprit. Nous allons reculer à travers les années, reculer dans le temps et l’espace, de plus en plus loin dans le passé, parce que nous sommes à la recherche d’un évènement qui a une relation aux obstacles qui sont présents dans la vie de Benoît. La partie subconsciente sait très bien quels sont les obstacles les plus importants et puis quelles sont les scènes qu’il faut visiter dans cette vie actuelle – ou dans une autre vie – les scènes qui sont importantes à comprendre, à revivre, se retrouver là encore une fois. Alors tu recules et tu recules dans le passé, les années passent, les décennies passent. De plus en plus loin dans le passé. Moi, je ne sais pas où aller mais ton subconscient sait très bien la place qu’il faut visiter aujourd’hui, le 18 septembre 2013. On voyage et on voyage. On flotte légèrement vers le passé. Finalement on commence à ralentir et puis, un, deux, trois on arrive. Qu’est-ce que la première chose qui te vient à l’esprit?

Benoît : Je vois un … c’est plutôt comme des formes noir et rouge, il n’y a pas de …  c’est un néant, je dirais … c’est plutôt sombre, il n’y a rien de … je ne reconnais pas de formes, c’est comme des nuées, vapeurs rouges sur un fond noir, et des fois des petites taches de lumière, c’est tout…

Mais il semble qu’il y a un mouvement n’est-ce pas?

:  Oui, il y a un mouvement. C’est comme des nuages qui bougent.

Reste avec ça. Il faut accepter ce qui arrive. Il faut accepter que c’est juste un fond sombre avec la couleur rouge qui est là. Tu as dit aussi qu’il y a des points de lumière. Il se peut que tu puisses te concentrer sur les pointes de lumière, pour voir s’il y a quelque chose ou si tu es emmené dans cette direction là.

:  Les points de lumière sont plus hauts, comme au-dessus de ma tête. C’est comme si je suis dans une boîte et qu’il y a un peu de lumière qui entre par le couvercle en haut, ça ressemble à ça.

Reste avec ça pour voir qu’est-ce qui va arriver avec la lumière. La lumière est un éclaircissement, et on veut éclairer le chemin… 

:  On dirait que je suis dans un… j’entends un cheval, puis des roues. Je suis dans une caisse en arrière d’une carriole, je pense. Les chemins sont durs. Ce n’est pas confortable dans la caisse.

Alors, il y a un progrès sur le chemin…

:  Le cheval avance. Je suis dans une carriole, dans une caisse à l’arrière d’une carriole.

Alors, ce n’est pas confortable, tu es secoué tout le temps.

:  Oui, et j’entends des enfants à l’extérieur. C’est bizarre.

Est-ce que c’est noir en-dedans?

:  Oui, et les lumières que je vois – c’est le couvercle qui saute et laisse entrer la lumière du jour. C’est le jour à l’extérieur.

Est-ce que tu peux regarder un peu ton corps? Comment est-ce que tu es habillé?

:  Ce sont des vêtements de coton brun, beige. Je dirais des vieux vêtements de 1800 ou quelque chose comme ça.

Et sur les pieds… Tu as des bottes? Ou rien du tout?

:  Des chaussures noires, elles sont pointues, attachées avec des ganses. J’ai comme des bas lignés.

Alors, tu avances dans le chemin.

:  Oui, on monte une côte. Je suis accoté dans le fond parce qu’on monte une côte. Je ne sais pas ce que je fais là.

Ah, j’ai les mains attachées.

Et c’est juste toi qui es là dans la caisse?

:  Oui. Je ne sais pas ce que je fais là. Je suis là. [ton de résignation] Ce n’est pas confortable.

Maintenant il faut sauter au prochain évènement important dans cette situation-là. Un, deux, trois. Qu’est-ce qui arrive après?

:  Il y a quelqu’un qui m’agrippe pour me sortir. Un costaud. Il n’est pas gentil.

Je suis attaché, les bras dans le dos. Oui, c’est ça. J’avais les jambes attachées aussi – il est en train de me détacher ça aussi. Il me prend sur son épaule. Il me met une cagoule sur la tête. Il ne veut pas que je voie.

Il t’emmène quelque part là.

:  Oui.

Et tu ne peux pas voir?

Non, je suis juste transporté sur son épaule. Puis, il est froid.

:  Il vient de me larguer sur un banc, à l’extérieur. J’essaie d’écouter. Il a dit « Qu’est-ce qu’on fait avec? ».

On discute qu’est-ce qu’on va faire avec toi?

:  Oui, c’est ça.

Et tu peux comprendre la langue que l’on parle là?

:  Oui, c’est du vieux français.

Il y en a deux qui jasent ensemble. Un des deux qui répond que je suis un autre fou. Il dit que je suis un autre fou et c’est tout.

Alors, on pense que tu es fou?

:  Oui, il dit que je dois avoir sept ans, moi, pour penser de même.

Je leur dis « Paix » « Amour ». Puis ils me disent « de la fermer. » Je leur redis « Paix » et « Amour ».

Il ne t’écoute pas, eh?

:  Non, il dit même « Ta gueule! »

Ils ne me frappent pas. Ils vont juste me parler, me crier en fait. L’autre, il dit, « T’es qui? ». Il me crie après,  il dit, « T’es qui? ».

Je lui dis que je suis juste bien. Je suis juste bien pour eux. Puis je leur dis, « Comprenez. »

Alors, on peut passer de cette situation à la prochaine. Qu’est-ce qui arrive après?

[pause]

:  Il y a une femme qui est en train de courir… qui a dit d’arrêter de…  qui dit « Arrêter de le retenir ».

Un des deux dit, « Femme, éloigne-toi. »

Qui est cette femme? Est-ce qu’elle a une relation avec toi?

:  Je ne sais pas. Elle doit me connaître mais je ne sais pas. Elle m’a appelé « Roméo ». Et elle a dit qu’elle s’appelle Gisèle.

Elle me dit de tenir le coup, les autres vont venir… Puis, qu’on m’aime… Et elle dit « Ils te respecteront ».

Qu’est-ce qui arrive maintenant?

:  Ils m’emmènent. Il faut marcher et puis le gros, il me pousse pour que j’aille avec ma cagoule à un autre endroit plus loin. Puis là, il me prend sur son épaule. [petit rire]

Alors, encore une fois on t’emmène quelque part d’autre…

:  Dans un cachot… On vient de fermer la grille. Il m’enlève le bandeau sur la tête. Il y a des mottes de foin un peu partout à terre sur laquelle on est assis. Il y a des barreaux.

[pause]

Il y en a d’autres dans la pièce. Ils ont tous des croix. Moi, aussi.

Ce sont des oppressions, on se fait opprimer. Puis, des gardes ont comme des casques sur la tête – métalliques avec une brosse en dessus, c’est comme des romains.

[Ici c’est clair qu’on est en train de sauter à une autre époque; ça arrive facilement des fois dans les sessions de régression en vies antérieures. Et maintenant le nom de Benoît est différent.]

Tous ces gens, ils font partie de…

:  Ce sont des romains. Ils m’ont mis dans une prison, avec d’autres. Il y en a qui me reconnaissent… André puis Jacques.

Alors il s’agit d’une prison romaine? C’est ça?

:  Oui…

[pause]

Un gros, il dit, « Tu vas être jugé ». On me dit, « On ne s’en prend pas à César ».

[pause]

Je n’ai pas les mêmes vêtements que j’avais.

Qu’est-ce que tu portes maintenant?

:  Une grande robe

[pause]

Il y en a un qui me dit, « Pierre, tiens-toi. »

[pause]

Il y a des petits hublots dans la prison, puis il y a des enfants qui regardent. Les hublots sont hauts. Il y a des enfants qui regardent.

Ils sont curieux probablement?

:  Il y en a un qui rentre sa main – il veut que j’y touche. Puis, j’y touche.

Je leur dis, « Soyez amour ». Je leur dis de suivre leur chemin.

Les autres avec moi, ils sont calmes. Ils attendent.

Il y a combien d’autres personnes qui sont là avec toi?

:  Deux. Mais pas dans la même cubicule que moi. On est tous isolés.

Est-ce que tu restes là longtemps? Qu’est-ce qui arrive après?

Ça bouge autour. Ils ont l’idée de nous sortir de là dans pas longtemps.

Il y en a un qui s’amuse à passer une gamelle sur les barreaux pour nous écœurer. Moi, je le regarde avec un grand sourire, puis des yeux de compassion.

Il y en a un des gardes qui a l’air de ne pas comprendre pourquoi il est là. Puis, quand je le regarde, il se calme. Il me demande pourquoi je suis là. Et je réponds que j’ai trop d’amour en-dedans. Et je lui demande qui il est. Il me répond, « Balthazar ».

Puis je lui dis qu’il y a de la place pour l’amour dans la vie. Puis, d’être patient, que ça va venir.

Il y en a un des deux prisonniers qui dit, « Maître, que fais-tu? »

Je lui réponds que « Chaque graine cherche son terroir », que « Celui-là est fertile ».

La paix s’édifie… une âme à la fois.

Le garde Balthazar se rapproche. Il parle dans mon oreille. Il dit, « Je sais que tu es un ».

Il nous sorte.

Tous les trois?

:  Oui.

On nous emmène devant un … un grand… je ne sais pas quoi … Il porte un tablier bizarre, une ceinture longue… je ne sais pas trop. Il y a une jupette décorée, [rire] un casque qui fait dur à voir – c’est laid. Il y a un pointu au dessus de son chapeau. Il a un paquet de bracelets … de cuir. Il a un fouet dans la main. [Explication après la session : il a l’air d’un bourreau parce qu’une cagoule noir couvre sa tête mais son visage est visible.]

Il me demande, « Quel est ce signe? » [La croix au cou.]

Je lui réponds que c’est celui de l’amour. Celui de l’amour du prochain. Celui de son propre amour. Je l’appelle frère. Puis, il dit, « Pourquoi tu m’appelle ainsi?  ». Il rigole avec les autres, en comparant son corps gigantesque avec mon petit corps fragile, en disant qu’on ne peut pas être frères.

Je lui dis que c’est l’amour filial qui compte. Nous sommes tous frères les uns aux autres. C’est le choix que tu fais d’être là et moi, le mien d’être où je suis. Il nous appartient de décider où nous sommes. Tu dis de moi que je ne suis pas libre; mais toi qu’as-tu fait de ta liberté. Je lui dis ça.

Qui nourris-tu en faisant ce que tu fais? Ta famille ou celui qui te donne les ordres?

Il dit que je devrais penser à me taire… si je ne veux pas me ramasser avec un coup de fouet.

Je lui dis que son fouet ne peut pas atteindre mon cœur de toute façon – que de l’utiliser ne lui donnera pas sa liberté. Ça va juste l’enfermer plus dans sa dépendance.

Puis, je lui dis de choisir d’être libre… comme on avait tous à choisir d’être libre… dans l’amour du prochain. Parce que sans l’autre, on n’est rien… et l’autre sans nous n’est rien.

Qu’à mes yeux il est grand… mais pas parce qu’il est habillé comme il est habillé ou parce qu’il joue le rôle qu’il joue… mais parce qu’il a un cœur.

[Pause. Benoît explique plus tard que dans cette pause le bourreau s’en va et le chef de la prison entre en scène.]

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Je lui dis que son garçon va naître.

Il me demande comment ça se fait que je sais ça.

Et je lui réponds qu’en dessous de son armure, il y a un cœur d’homme qui est là – puis nos cœurs sont tous connectés.

Je lui dis, « Va, l’enfant va naître ».

Il y a un centurion qui arrive à la course… Il avise le chef de la prison de la naissance.

Le chef de la prison vient d’ordonner de nous ramener en prison, le temps qu’il aille voir sa femme. [rire]

Pendant qu’il nous quitte, je vois qu’il pleure.

Après son départ, je dis à mes disciples que Josua va naître. Les autres centurions m’écoutent dire cela.

Celui qui m’avait pris en disant qu’il savait qui j’étais – Balthazar – me ramène et sans me brusquer… ce qui n’est pas le cas pour les deux autres. Les autres centurions demandent à Balthazar qui je suis. Il répond, « Je ne sais pas, mais il est quelqu’un. »

Une femme qui vient chercher celui qui m’a emmené et qui est maintenant parti – Balthazar. Elle me demande où il est.

Je réponds, « Je ne sais pas, mais il s’en va… peut-être aller aider son maître. Je ne sais pas. »

[Pause dans laquelle Balthazar revient de la maison de son maître, le chef de la prison]

Balthazar revient dire que le maître a un fils. Puis, il me pose la question comment je savais qu’il s’appellerait Josua. Je lui réponds, « Parce que tout est écrit … et qu’on est là pour choisir.  Le seul choix qui nous appartient c’est celui de l’amour. Ou non. »

Il me re-demande qu’est-ce qui signifie la croix.

Puis je lui réponds qu’elle signifie l’amour de son prochain, qu’elle symbolise le passage d’un maître… qui nous a appris les nouvelles façons de penser… qui a apporté le changement… qui a converti « l’œil pour l’œil, dent pour dent » en « aimez-vous les uns les autres »… pour qu’on se reconnaissent les uns les autres, plutôt que de se connaître. Car on ne connaît jamais rien de toute façon ! Que la vie ne consiste qu’à reconnaître son prochain… et de se reconnaître soi-même, pour cesser de se connaître… C’est ce que le maître nous dit. Et le maître n’est pas un maître. Il est la lumière… celle de la liberté… que l’on a tous.

Je lui demande s’il veut prendre sa liberté, s’il veut l’accueillir… ou si c’est la peur, celle du malin qui le contrôle, s’il a laissé à l’autre ce qu’il avait en lui de plus important, l’amour de soi… pour une bouchée de pain.

Et je lui dis, « Observe autour de toi, la vie est en train de vivre sans que tu aies besoin d’en être préoccupé. Qui crois-tu être? Sois toi-même. Sois ce que tu es… dans l’amour du prochain. »

Je n’arrête pas de continuer de prêcher.

La peur empêche les hommes d’aimer, parce qu’ils ont cédé leur pouvoir de vivre leur propre vie.

Le centurion qui est chef de la prison revient. [petit rire] Il emmène le bébé avec lui. L’enfant est calme. Le chef pleure et il me demande qui je suis.

« Comment savais-tu que ma femme appellerait l’enfant Josua? »

Je lui réponds, « C’est parce que c’est l’enfant qui avait choisi d’être ici. Et c’est l’enfant qui m’avait dit son nom avant qu’il naisse. Comme il te l’avait dit si tu l’aurais écouté ! Car chacun choisit son propre nom – celui que Dieu nous consigne pour notre mission ».

« Josua va vous aimer. Il va vous apprendre à aimer. Il est petit mais beaucoup plus puissant que vous ne l’êtes. Parce qu’il vous aime inconditionnellement ».

« Regardez les enfants. C’est par notre éducation qu’ils deviennent nous-même. Ils ont la liberté en eux. Ils ne savent même pas que la soumission existe. Parce qu’ils ne savent pas que la peur existe.

La période que vous appelez « Innocence », je l’appelle « Éveil ». La période que vous appelez « Conscience », je l’appelle « Perte de Vie ». Je vous invite à la retrouver ».

Je lui demande s’il est heureux avec sa femme.

Il me demande pourquoi cette question.

Je lui réponds qu’elle l’attend et elle attend le bébé… qu’elle a besoin de lui, qu’il doit poser sa main sur son ventre pour libérer ses entrailles d’une douleur qui est là. Ce miracle, il l’a dans ses mains à lui.

Il me demande comment je sais cela.

Et je lui réponds, « C’est parce que je ne le sais pas que je sais ça ».

Puis d’écouter son cœur parce qu’elle l’attend.

Il ne comprend pas. Il est bouche bée.

Je lui dit, « Vas, ton enfant est béni de toute façon ».  Il ne comprend pas le mot « béni ».

Je lui dis, « Dans trois mois tu regarderas son sourire et tu vas comprendre le sens du mot. Parce qu’il porte ta vie sur ses épaules cet enfant là. Il comprend ce que ça veut dire ».

[pause]

Il y a une armée qui entre dans le village. Ils poussent tout le monde. Les centurions sortent. Le chef de la prison court avec son petit. Et les autres lui demandent ce qu’ils doivent faire? [petit rire] Il vient de donner le petit au plus jeune centurion, Balthazar. Puis, le chef est parti de l’avant, en disant à Balthazar de rapporter le petit à sa femme…

Ils mettent le feu partout. Ils sont habillés en noir. On peut les voir à travers les barreaux. Ils attaquent juste un côté du village, le côté à l’opposé de la prison.  Ils détruisent tout – sauf le milieu du village. Ils sont nombreux à l’extérieur. Ils font tomber les barricades ; ils sont en train d’éventrer le village. Ils rassemblent le peuple au milieu. Ils viennent me chercher. Ils ont des armées, des centurions. Il y en a un qui sort un rouleau en grosses lettres, un papyrus. Ils disent que le royaume est tombé. Puis, ils disent qu’il y a un nouvel ordre qui prend place – qu’ils ont effacé le passé. Puis que d’autres viendront à construire. Tout ce qu’on a vu là ce n’est pas de la violence. C’est le remplacement pour le nouvel ordre. C’est l’extraction du mal pour que le bien prenne place.

Mais ils s’y prennent de façon bizarre parce qu’ils ne parlent pas d’amour – ils parlent juste de paix, pas d’amour. Tout le monde a peur et ils font semblant de les rassurer ; ce sont des menteurs.

Le chef de la prison, on lui donne un habit noir pour qu’il mette cet habit-là à la place de celui qu’il porte. On lui dit que son maître n’est plus. Il demande, « Qui dois-je servir si je ne sers plus mon maître ?» On lui répond, « Occupes-toi de toi-même », et « Joins-toi à nous – pour que la paix existe ». Mais ils ne parlent pas d’amour. Ils ne comprennent pas.

Le centurion accepte mais par dépit et par peur. C’est une fausse paix. Ce sont des menteurs.

Le chef en noir, le chef de l’armée qui a attaqué le village, entre dans la prison. Il tire sur Image03_IMG_3350ma croix. Il l’enlève violemment. Puis, il me dit, « Ce n’est pas comme ça qu’on va faire le paix ».

Je lui dis, « Ce n’est pas comme ça qu’on va faire l’amour – parce que la paix ne peut pas émaner de la peur ; la paix ne peut pas émaner du pouvoir. »

Il me donne une bonne baffe sur la gueule.

Je lui tend l’autre joue, en lui disant, « Qu’est-ce que tu attends de moi ? Tu veux que j’aie peur ? »

Il dit que je vais y passer comme tous les autres de mon espèce.

Je lui dit, « Est-ce que c’est ce que tu appelle la paix ? » Je suis est en train de lui rire en pleine face.

Je lui demande s’il oserait être libre une fois de sa vie. Je lui demande qui est son maître. Je ne réussis pas à entendre le nom. Le nom fini en « us ». Je ne l’entends pas. Mais je dis, « Quelque soit le nom de ton maitre, quel est le tien ? »

Il répond, « Marius ».

Je dis, « Ne crois-tu pas que ton maître devrait s’appeler Marius ? »

Il dit qu’il n’a pas un talent pour gouverner toutes les troupes.

Je lui dis, « Qui a parlé de gouverner les troupes ? Je te parle de liberté. Possible dans l’amour, pas dans la peur.»

Il me donne une baffe sur l’autre joue.

Je lui réponds, « Amour à toi. La liberté, c’est ce qui est le plus dur à assumer. Je le comprends ». C’est ce que je lui dis.

Puis je lui demande où il a laissé ceux qu’il aime.

Il me répond qu’il n’a personne à aimer !

Je lui dis qu’il devrait commencer à voir, puis de cesser d’être aveugle.

Mais ça ne se fait pas avec les yeux.

Il me demande qu’est-ce que je suis en train de dire, si je délires ou quoi ?

Je lui dis, « Va dehors. Dis-moi si les pleurs et les larmes que tu vois sont celles de la paix. »

Il va voir. [Petit rire.]

[Le chef de l’armée quitte et ne reviens pas.]

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Le chef de la prison revient avec son habit noir. Je lui demande pourquoi il s’est habillé comme ça. Je lui dis, « Va chercher ta femme, demande-lui si elle te reconnaît. Demande-lui si ton fils va te reconnaître.»

Il crie de me taire.

Je lui demande si j’ai crié trop fort… ou si c’est en dedans de lui que ça a crié trop fort.

Il me répond, « Que veux-tu maître ? »

Je lui réponds que je ne suis pas son maître. Qu’il n’y a personne qui est maître de personne, puisque sa liberté se situe dans l’amour, à sa femme et puis de son enfant. Je l’invite à aller la chercher là. Puis de bâtir l’identité dans son cœur plutôt que dans ses vêtements.

[pause]

Je lui dis avant qu’il parte, « Que comptes-tu faire de nous maintenant ? »

Il répond, «  Il va de soi que vous n’êtes pas très, très dangereux. Je vous libère. »

Je lui réponds que je l’étais avant même qu’il me libère, que lui aussi est libre de toute façon. Je l’ai en-dedans de moi, comme il l’a en-dedans de lui.

Ce qu’il faut travailler, ce n’est pas la pierre, le bois, ou le métal, mais son cœur. Et d’en faire exemple.

Il nous invite à quitter le village… en attendant que les autres troupes arrivent pour rebâtir le village.

Je le remercie en disant de prendre le temps de rebâtir son cœur et sa famille… parce que ça on ne peut bâtir qu’une fois contrairement à une maison qu’on peut rebâtir sans cesse.

Il nous accompagne. On passe devant sa maison. Sa femme est debout. Il est étonné parce qu’elle n’étais pas bien tantôt. Elle n’a plus mal au ventre. Il se demande qu’est-ce que c’est passé. Je lui réponds qu’elle le sait. Puis que la raison du cœur, elle la porte en elle. Son travail c’est de la transmettre à son mari et à son enfant. Je lui explique que celle qui bâtit le plus, c’est elle, que c’est elle qui a les plans de l’avenir… parce qu’elle est porteuse de l’amour… et pas de la peur. Puis que la paix est une illusion si l’amour n’est pas là.

Quand son enfant aura sept ans… il partira. Parce qu’il aura compris la valeur du cœur. Puis, ce qu’il va bâtir va être plus grand – et installé dans chacun des cœurs qu’il va croiser, que déjà dans son regard il y a la profondeur de son âme, de le laisser être, pour qu’il guide leur pas, que la vérité est là déjà en lui … comme tous ceux de son âge.

Les deux autres prisonniers décident de me suivre. On s’en va. Il y en a un des deux qui a un visage un peu effrayé. Je demande de quoi a-t-il la peur ?

Il me répond, « De l’inconnu. »

Je lui dis qu’il a peur de ce qui n’existe pas… parce que la connaissance est partout. Puis l’inconnu, c’est une illusion. De cesser de croire à cette absurdité. Puis de continuer de regarder le chemin de l’amour. Que l’amour peut tout. Même libérer celui qui était enchaîné. Parce que les chaines qui ont plus gros maillons, ce sont celles qu’on attache au cœur.

Il relève la tête. Il a un sens d’humour, en disant qu’est-ce qu’on attend pour continuer. [petit rire]

Je le serre dans mes bras, puis je lui dit allons trouver nos femmes…  car elles sont porteuses d’avenir.

[pause]

Puis où on s’en va c’est beau. La nature est belle. [Chuchoté tant l’impression est émotivement grande.] Il y a de l’abondance. Pleine des figuiers. Des oranges. Plus on regarde loin, plus la forêt s’étend. Plus la nature reprend sa place. Puis derrière nous, les constructions sont fragiles. Elles vont tomber à nouveau.

Il y a des gens qui quittent le village pour aller vers la forêt qui s’agrandit. Mais pas tous. Très peu. Mais ceux qui partent, ils n’ont pas de bagage. Ils nous suivent sans nous suivre. [chuchoté] Ils ont juste compris. Le centurion Balthazar qui m’a chuchoté à l’oreille est là. [petit rire] Puis l’autre centurion, il reste là dans le village avec sa femme puis son bébé. Je crois qu’il y en a pour sept ans avant de décoller. C’est comme ça que c’était dit ; c’est comme ça que ça s’accomplit.

[pause]

Balthazar m’appelle maître. Et je lui réponds qu’il n’en a pas de besoin. Tout ce qu’il doit faire, c’est de se connecter sur son cœur et son âme… de cesser de croire au temps, de cesser de croire à l’espace, et de croire dans son âme. De se trouver une femme. Et de savourer le présent. J’explique que « présent » veut dire « cadeau ». Puis, qu’il le sait en-dedans de lui. Tout ce qu’on va faire, c’est de se respecter les uns les autres. De se reconnaître les uns les autres. Puis de cesser de vouloir connaître… parce que tout est là. Qu’on n’a qu’à demander. Il comprend. Mais pas avec sa tête – avec son cœur. Il me dit, « Paix à toi. » Et je lui dis, « Paix à toi, et dans l’amour ».

Je dis, « Va aider les enseignements. Vis-les. Cesse de parler. Fais ! – Fais ce que ton cœur t’indique. Je ferai de même ! La vie se chargera des instants où on se croisera à nouveau… Dieu est grand. Il sait ce qu’on doit faire.

Dans la forêt il y a les femmes qui nous attendent – nos femmes. Avec les enfants. L’amour est bon. Tout est en abondance. Y compris la profondeur du regard de nos amours.

La forêt continue deImage05_IMG_3415 grandir. Les animaux se multiplient. La reconnaissance est en train de de prendre sa place. La gratitude d’être son état d’âme. Les sourires prennent place.

La forêt attend que les gens choisissent la liberté pour s’étendre. Dieu attend qu’on choisisse. Comme bon père. Avant de prendre sa place. Il a la patience de l’amour.

Je regarde ma femme. Je la serre dans mes bras. On fait « un ». On se reconnaît.

On rend grâce pour le moment. On s’embrasse d’un amour fou. D’homme et de femme… qui font « un ».

C’est dans cet exemple que les enfants grandissent. Et qui nous enseignent comment s’aimer.

C’est beau où on est. On entend l’eau souterraine, l’eau de surface, la verdure, les oiseaux, toute la vie qui veut vive. L’abondance fait ses devoirs.

On n’accumule rien. On vit.

Chaque action que l’on pose, on en est responsable. On en est conscient. On pose les gestes qu’il faut. Ni plus, ni moins. C’est de notre bonheur.

Quand nos enfants auront sept ans, le village agrandira – il va se joindre à la nature. Il va s’intégrer dans la nature. Il a pris la place qui lui appartient. Les hommes en noir ne sont plus en noir. L’amour est patient. On est bien.

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Les enfants s’amusent avec des boules de lumières qu’ils créent entre leurs mains. Ce qu’ils imaginent devient la réalité.

[pause]

C’est comme si tous les adultes avaient trente ans.

Il n’y a rien qui est en hauteur. Le plus haut ce sont les arbres.

Les choses se construisent avec une vitesse grand « V ». Tout le monde y met la main à la pâte. Pouf !

Il y a très peu de mots qui s’échangent.  Il y a beaucoup de regards. Beaucoup de câlins. De tendresse. [chuchoté] De respect.

[pause]

On sent une énergie dans les corps.

[pause]

On peut sentir chacune des cellules qui reprend sa place, qui assume son rôle dans la conscience de l’autre. Chaque cellule devient responsable en elle-même, consciente de l’autre. Chaque cellule envoie sa lumière pour que chacune puisse rayonner. Une lumière dorée. Blanche et dorée. Avec des teintes de mauve un peu. C’est beau.

Les enfants rayonnent d’une lumière blanche. Les adultes sont en train d’apprendre comment.

[pause]

L’abondance prend sa place dans le corps de chacun, dans les pensées. Des talents s’animent dans les êtres. Chaque corps s’anime, selon ce qu’il a reçu.

[pause]

La vie est simple ; comme les gens.

[pause]

On se remet en action. Les hommes vont chercher d’autres cœurs… plus loin … pour agrandir la forêt.

[pause]

[Il bâille ; le corps commence à s’ajuster.]

[Je mène la session à sa fin.]

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Welcome to my blog! I was born in the year of the golden dragon (1940) and when the golden dragon year came around again in 2000, little did I know that events would conspire to have me reinvent myself. So after a long career in computers and libraries and languages and with a few bumps of transition I now feel very alive in the practice of hypnotherapy and an energy modality called Reconnective Healing®. My interest in writing has always been in the mystery of how it is sometimes possible to convey much more than the meaning of the words. It is my heartfelt wish to have that happen sometimes in this blog. Jack Cain Trylus énergétique Montréal www.trylus.com jack@trylus.com
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One Response to Le Centurion de l’amour

  1. Lise says:

    Un très beau texte à lire et très inspirant, bonne route!

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